SWIFTS, le plus petit spectromètre jamais conçu
Le principe de la spectrométrie, dont les applications sont nombreuses (médecine, astronomie, détection de gaz dangereux, surveillance de la qualité de l’eau…), consiste à mesurer précisément les longueurs d’ondes émises ou absorbées par un objet afin d’en analyser sa composition exacte. Reste que les outils nécessaires sont le plus souvent encombrant. Ainsi, en médecine, l’étude des cellules cancéreuses s’effectue à l’aide d’un spectromètre qui tient dans une boîte à chaussures. D’où la nécessité d’un prélèvement parfois douloureux pour le patient. Même constat en astronomie, où les spectromètres actuels sont particulièrement volumineux. D’où l’intérêt que représente SWIFTS (Stationary-Wave Integrated Fourier Transform Spectrometer), ce spectromètre compact à haute résolution - le plus petit jamais conçu - développé par une équipe de chercheurs français menée par Etienne Le Coarer, ingénieur-astronome au sein du Laboratoire d’Astrophysique de l’Observatoire de Grenoble (CNRS-Université Joseph Fourier). Ses dimensions : 750 x 22 x 50 micromètres.
Swifts est le fruit d’une combinaison inédite d’une technique d’interférométrie élaborée par le prix Nobel de physique Gabriel Lippmann à la fin du 19ème siècle, et de la microélectronique. Il se compose d’une fibre optique dans laquelle une onde vient interférer avec elle-même selon deux configurations possibles : soit en disposant d’un miroir en bout de fibre - il s’agit alors de l’effet Lippmann - soit en séparant la lumière incidente en deux ondes qui sont alors injectées à l’intérieur de la fibre dans les deux sens de propagation. Reste alors à mesurer l’interférogramme ainsi obtenu à l’aide de nanodétecteurs afin d’en déduire, après traitement, l’intensité en fonction des longueurs d’onde qui composent le rayonnement incident. N’existant pas encore, les nanodétecteurs nécessaires ont été simulés à l’aide d’une série de nanofils d’or disposé à côté de la fibre. Les premiers résultats sont encourageants. La miniaturisation qu’offre SWIFTS devrait donc permettre, à terme, de réaliser des progrès spectaculaires tant dans le domaine médical, que dans l’astronomie ou encore les télécommunications, l’imagerie et la détection de gaz nocifs.
Source ADIT :
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/50984.htm